Arquanzia

Épic Arquanzia Tome 1 - Les îles en Suspens

1. Les cartes qui ne mentent pas

4 min · 640 mots

Confort
100%

Le bureau sentait les épices, la table croulait sous les feuilles empilées dans d’étranges piles qui n’avaient de sens que pour elle .

Zalmina étira ses petits bras et secoua ses branchies, la première pause qu’elle s’offrait depuis le matin.

Elle avait beau repasser les mêmes lignes, elle était ici depuis assez longtemps pour savoir que ce qu’elle cherchait ne s’y trouvait pas. Dix an à travailler pour avoir accès à ces archives, dix longues année à poser ses questions sous couvert.

Elle prit un carnet et relu ses notes

Alors ici, on voit bien que quelque chose est caché dans certaines régions, se dit-elle, car lorsqu’on compare avec les autres, les informations à ce sujet sont plutôt stables. Mais lorsqu’on regarde tous les mythes, la seule consistance est que les îles apparaissent durant la nuit noire. À part ça, chaque région les a vus à des endroits différents.

Elle tenta de prendre son ouvrage qui recueillait toutes les légendes de Cionalus, mais le grand tome bleu n’était pas dans la pile de livre au coin de la table. Elle se leva, il était certainement dans les rangés, et sorti du bureau. Elle trouva rapidement la rangée qui contenait le tome, arriva vis à vis de son emplacement qu’elle connaissait maintenant par cœur. Mais à sa grande surprise, celle ci était vide.

Elle se retourna brusquement dans le but d’aller demander de l’aide a la bibliothécaire et heurta un jeune homme qui était lui aussi dans la rangée. Les deux tombèrent au sol. Les trois livres qu’il transportait, et Zalmina y avait remarqué le sien, s’écroulèrent avec les grand rouleaux de papier qui les accompagnaient. Les lunettes de l’homme étaient sur le sol tout près, et lui semblait en très mauvaise posture sans celle-ci. Il cherchait à tâtons et elle se pencha pour l’aider à les ramasser. En cherchant, il accrocha l’un de ses rouleaux, qui se déroula en révélant une carte d’Arquanzia, une carte qui avait des points marqués un peu partout et des lignes les rejoignants. Des points que Zalmina reconnue tout de suite, parce qu’elle les avait vues toute sa vie. C’était une carte qui recensait tous les endroits où Cionalus avait été vue selon les légendes. En portant plus ample attention à la carte elle remarqua que chaque point était annoté d’un marqueur temporel. Certains indiquant une saison, d’autres un mois, certains même indiquaient la phase des lunes.

Plongée dans ses pensées, Zalmina ne remarqua pas que l’homme avait trouvé ses lunettes, ramasser ses livres et se tenait debout à la regarder. Il se racla la gorge pour obtenir son attention et dit : «  La capitaine Amia m’a demandé une carte de… » elle leva sa tête écaillée et l’observa tout en ne lui laissant pas le temps de finir sa phrase « de tous les lieux où Cionalus a été vu dans toutes les légendes recensées, ce que je ne comprends pas c’est pourquoi il y a des… »

Elle retint un petit cri. Des larmes commencèrent à se former au bas de ses yeux. Zalmina était envahie par les émotions. Ses ventouses tremblantes, elle fit mine de déposer la carte devant elle. Son regard perçant vers un point à l’horizon.

C’était l’avancée la plus grande qu’elle avait eu depuis des années.

Et si les îles se déplaçaient?

L’homme sembla désemparé et, croyant l’avoir blessée, s’excusa à profusion puis déguerpi rapidement. Mais Zalmina resta au sol encore quelques instants, savourant l’exaltation de la découverte. Il était si pressé de partir qu’il m’a laisser sa carte dans les mains se dit elle comme quoi, il y a de ces jours où tout nous souris.

Elle fini par se lever, retourna rapidement vers son bureau et étala la carte dont elle venait de faire l’acquisition sur la table. Elle avait du pain sur la planche.